
Le Togo mise sur le développement du secteur de l’élevage comme source de richesses et pilier de l’économie nationale. Ce secteur représente environ 16 % de la valeur ajoutée agricole et contribue à hauteur de 6,7 % au PIB, constituant une source de revenus pour près d’un quart des ménages ruraux et jouant un rôle structurant dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.
Pour un plein essor du secteur, le gouvernement togolais plaide pour un financement accru et durable. Un atelier national de plaidoyer a été organisé le 22 août 2025 à Lomé, par le Ministère des Ressources Halieutique, Animale et de la Réglementation de la Transhumance, avec l’accompagnement technique et institutionnel de la Banque Africaine de Développement et le soutien technique de l’Institut International de Recherche sur l’Elevage (ILRI) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’objectif général de cet atelier est d’inciter les politiques et partenaires à un engagement politique, technique et financier accru pour soutenir le développement durable du secteur de l’élevage au Togo. Il s’agit également de discuter des avancées, des défis et de nouvelles perspectives devant répondre à la vision du pays pour le secteur.
Selon le ministère en charge de l’élevage, malgré les efforts engagés, le secteur demeure confronté à des contraintes structurelles. La production de viande, d’œufs et de lait reste inférieure aux besoins de la population, ce qui oblige le pays à recourir à des importations coûteuses et accentue sa dépendance et fragilise sa sécurité alimentaire.
L’évaluation diagnostique du secteur a mis en lumière plusieurs défis communs aux différentes filières animales, notamment le manque de spécialisation et de professionnalisation des acteurs, la gouvernance perfectible des filières, l’insuffisance d’infrastructures modernes, l’absence de stratégies commerciales adaptées, et surtout, la faiblesse persistante du financement du secteur.
Face à ces défis, le Président du Conseil porte une vision ambitieuse et résolue, à savoir faire de l’élevage un secteur moderne, résilient et moteur d’emplois durables pour la jeunesse et les femmes. Cette vision s’inscrit pleinement dans la feuille de route gouvernementale 2025, qui vise à renforcer la production nationale, à réduire la dépendance aux importations et à garantir une autosuffisance alimentaire durable.
Dr Matéyendou Lamboni, Secrétaire Général du Ministère des Ressources Halieutique, Animale et de la Réglementation de la Transhumance, a souligné que l’importance de l’atelier est de trouver des voies et moyens pour mobiliser des investissements publics et privés pour le développement du sous-secteur de l’élevage. Il a également insisté sur la nécessité de « travailler avec l’ensemble des acteurs pour un développement réel et une modernisation du secteur, ce qui contribuera à la création durable d’emplois et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ».
Dr Eklou Attiogbévi-Somado, responsable régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Banque Africaine de Développement (BAD), a quant à lui précisé que l’atelier s’inscrit dans le mandat de son institution, qui est de promouvoir le développement socio-économique de ses États membres. Il a souligné l’importance du secteur de l’élevage pour les populations et pour l’économie togolaise, en précisant que le secteur contribue à plus de 7% au PIB national.
Il a également indiqué que la BAD est prête à investir dans le secteur si les orientations stratégiques nationales sont suffisamment identifiées et élaborées. « Nous venons à cet atelier pour nous assurer que les orientations stratégiques nationales sont suffisamment identifiées et élaborées et susceptibles de bénéficier des investissements de la BAD », a-t-il précisé.
Jacob
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