
Une soirée cauchemardesque pour les habitants de Sanguera le week-end dernier. Le chef-lieu de la commune Agoè-Nyivé 5 a été le théâtre d’un vif affrontement entre les jeunes vendeurs de carburant et les forces de l’ordre et de sécurité, dans la soirée du samedi 27 septembre 2025.
Selon les témoignages recueillis, tout est parti d’une descente des corps habillés dans le cadre d’une opération de saisie de carburant communément appelé « boudè ». La situation a déclenché une scène de course-poursuite, de jets de projectiles et de bastonnades entre les deux protagonistes.
« Les forces de l’ordre et de sécurité ont fait une descente pour saisir des bidons d’essence des jeunes. Ces derniers, très mécontents, ont riposté dans leur fuite par des jets de pierres en direction des policiers. Un jeune qui s’est enfui avec une bouteille d’essence a fini par la balancer au milieu des forces de l’ordre et de sécurité avant de disparaître », a témoigné une commerçante sur place.
Elle a souligné que face à la fureur des jeunes, les policiers se sont repliés dans un premier temps avant de revenir sur les lieux peu après 21 heures.
« À leur retour, ils n’ont plus épargné les jeunes, passant à tabac tous ceux qu’ils ont retrouvés au carrefour de Sanguera », a-t-elle précisé.
La vente illicite de carburant constitue un manque à gagner pour l’État togolais, car les compagnies pétrolières autorisées se voient concurrencées par les jeunes vendeurs de carburant installés aux abords des routes. Mais au-delà de l’aspect économique, ce commerce représente aussi un véritable danger pour les populations, car les vendeurs ne disposent d’aucun moyen adéquat pour assurer une pleine sécurité des entrepôts de stockage de ce liquide hautement inflammable.
Le Togo a déjà connu des cas d’incendie liés à la mauvaise gestion des lieux non réglementaires de stockage de carburant. La persistance de ce commerce en dépit de son interdiction soulève un véritable problème de la porosité des frontières nationales par lesquelles transitent quotidiennement les bidons d’essence.
Jacob
Laisser un commentaire