C’est une personne de référence en matière du textile. Ingénieur Électromécanicien de formation, M. Sadio SISSOKO s’est forgé une réputation dans le domaine des Textiles en occupant dans son pays, le Mali, le poste de Directeur industriel de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT). Admis à la retraite il y a juste quelques mois, ses compétences en la matière l’ont une fois de plus propulsé au devant de la scène grâce à l’expertise dont il dispose. Il est de ce fait, sollicité par une structure belge, IDL BELGIUM, qui travaille pour l’amélioration de la production cotonnière à travers des appuis aux différentes sociétés. Meilleur profil de par sa connaissance du domaine et ses nombreuses années d’expérience, depuis le Mali, M. Sadio SISSOKO joue pour le compte de la structure européenne, le rôle stratégique de consultant. Présent dans la capitale togolaise où il prend part sous sa casquette de consultant, aux travaux de la 18ᵉ réunion bilan du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), organisée du 14 au 17 Avril 2026. Cet ancien Directeur industriel, un homme rompu à la tâche, s’est confié à la rédaction. Dans cet entretien, il évoque les difficultés qu’éprouve la filière cotonnière sur la partie ouest du continent, propose des pistes de solutions et estime que la meilleure façon pour l’Afrique de profiter pleinement de sa production cotonnière reste la création des industries de transformation.

Selon le consultant, les problèmes que traverse la filière ne sont pas que d’ordre structurel. On note également de nos jours un parasitisme qui met à mal les efforts de production. Ces différents problèmes évoqués font diminuer la production de 30 à 50% selon les saisons, affectant énormément les producteurs.
Dans la foulée, M. Sadio SISSOKO a mentionné qu’aujourd’hui, l’Afrique fait face à la montée en puissance du Brésil qui enregistre des rendements très forts dans la filière.
 »Ils ont multiplié par deux voire par trois le volume de leur production et sont plus proches des consommateurs », souligne-t-il, mettant l’accent sur la nécessité de recherche des moyens pour relever ces défis.
D’après lui, en termes de solutions, il faudrait absolument que l’Afrique, en particulier l’Afrique de l’Ouest, puisse s’attaquer aux problèmes liés au parasitisme pour améliorer les rendements et revoir également la qualité de sa fibre.  »Jadis notre fibre était de bonne qualité. Mais aujourd’hui avec le parasitisme, la production et la qualité sont affectées », reconnaît-il.

Dans la même veine, le consultant exhorte le continent à faire preuve de rigueur dans les différents mécanismes d’achat du coton graine pour améliorer son classement.

S’agissant de la transformation du coton produit en Afrique, l’ancien Directeur industriel du CMDT souligne que le continent est à l’étape de la  »transformation primaire ». Cette étape pour la plupart des pays consiste à séparer la fibre de la graine. Si la graine est envoyée dans les huileries locales, la fibre par contre est exportée, à l’échelle de 95 à 98%, vers l’extérieur.
Désormais, l’objectif visé à travers les différents programmes régionaux et sous régionaux est de transformer la fibre en tissu pour augmenter la plus value et créer de l’emploi.

Pour l’instant, mentionne le consultant, le Bénin s’est fait une référence en matière de la transformation de la fibre en tissu à travers sa Zone industrielle clé : La GDIZ (Glo-Djigbé Industrial Zone).

 »Le pays est éligible au programme  »Made in West Africa » de l’OMC et de la FIFA pour la fourniture des maillots pour la Coupe du Monde », a-t-il indiqué.

M. Sadio SISSOKO a exprimé son optimisme pour la transformation industrielle du coton africain. Il fonde son espoir sur des projets de transformation locaux en cours, indispensables pour faire vivre l’économie du continent. Des projets qui devraient permettre aussi la création des emplois pour les populations.

Jacob Koffi ATALI

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