Une réunion d’information et de sensibilisation s’est tenue le 15 avril dernier à l’Université de Lomé. Organisée par le Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique à l’intention des chercheurs en bioscience, sciences omiques et laboratoires de bio-innovation sur la mise en œuvre du Protocole de Nagoya relatif au principe de l’accès et du partage des avantages (APA), la rencontre avait pour objectif de fournir aux parties prenantes des informations suffisantes et pertinentes sur le Protocole de Nagoya et son importance pour le pays afin de favoriser une meilleure appropriation de ses exigences fondamentales dans leurs travaux de recherche sur les éléments de la biodiversité.

En signant ce Protocole le 27 septembre 2011, suivi de sa ratification le 09 février 2016, le Togo a affiché sa grande volonté de contribuer à l’atteinte de ses objectifs, notamment établir un cadre juridique international contraignant pour favoriser l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages de manière à encourager la bio-innovation et à lutter contre leur appropriation illicite par le biais des droits de propriété intellectuelle.

Pour atteindre ces objectifs, le Protocole fait obligation à chaque État Partie de prendre des mesures d’ordre politique, juridique, administratif et technique en vue de favoriser l’accès aux ressources génétiques se trouvant sur son territoire, tout en s’assurant que les utilisateurs de ces ressources génétiques partagent de façon juste et équitable les avantages qui découlent de leur utilisation.

Pour garantir l’efficacité du Protocole de Nagoya et pour renforcer les synergies en vue de maintenir la cohérence politique, juridique et institutionnelle, la mise en œuvre du Protocole de Nagoya doit se faire dans un esprit de complémentarité réciproque avec les autres régimes internationaux qui traitent des questions connexes.

Lors de son discours d’ouverture, le Lieutenant-Colonel Essodina Konzahou, inspecteur général de l’Environnement, des Ressources Forestières et du Littoral, représentant son ministre de tutelle, a souligné que « 10 ans après la ratification du Protocole de Nagoya, notre pays ne tire pas suffisamment, ou presque pas, des avantages découlant de la valorisation de ses ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées ».

« Au même moment, bon nombre de chercheurs de nos universités et centres de recherche éprouvent des difficultés pour échanger le matériel génétique avec les laboratoires étrangers du fait de l’absence d’une réglementation nationale encadrant les contrats de transfert des ressources génétiques vers les pays du Nord, notamment pour les analyses de séquençage génétique. Conscient de cette situation, le gouvernement s’engage à adopter des textes juridiques pour favoriser une mise en œuvre effective du Protocole de Nagoya », a-t-il indiqué, soulignant l’imminence d’une prise de mesures transitoires, à l’instar des pays voisins comme le Bénin et le Burkina Faso, pour faciliter les partenariats entre les laboratoires de recherche dans la bioscience et la bio-innovation où les exigences du Protocole de Nagoya doivent être respectées.

« C’est dans ce contexte peu reluisant que le Togo doit élaborer son 1er rapport de mise en œuvre du Protocole de Nagoya afin de remplir ses obligations au titre de l’article 29 dudit protocole », a-t-il dit.
Et d’ajouter : « La réunion de ce jour est donc organisée dans le cadre de l’élaboration de ce 1er rapport qui s’élabore concomitamment avec le 7ème rapport national sur la biodiversité. Ce 1er rapport doit présenter la situation actualisée sur les mesures législatives, administratives et opérationnelles prises par le Togo pour assurer l’accès et le partage des avantages découlant de l’utilisation de ses ressources génétiques depuis l’élaboration en 2018 du rapport intérimaire de mise en œuvre du Protocole de Nagoya par le Togo ».

Le Souverainiste

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