Ce 8 mai 2026, Lomé a réuni les ministres des Finances des pays membres de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). Objectif : réduire la dépendance financière de l’institution vis-à-vis de l’extérieur en trouvant des mécanismes de financement innovants.

Depuis sa création le 17 octobre 1993 à Port-Louis, l’OHADA est devenue un pilier de la sécurité juridique et de l’attractivité économique de ses 17 États membres d’Afrique de l’Ouest et Centrale. Son cadre juridique harmonisé rassure les investisseurs et stimule les échanges. Pourtant, l’organisation traverse une crise financière persistante. Les contributions des États sont devenues irrégulières en raison des contraintes budgétaires liées aux incertitudes sécuritaires et économiques mondiales, aux séquelles des crises récentes, aux défis de la transition énergétique et numérique, et aux besoins sociaux croissants. Résultat : l’OHADA dépend fortement des partenaires techniques et financiers pour fonctionner.

Pour Essowè Georges Barcola, ministre togolais des Finances et du Budget, ce soutien extérieur, bien que précieux, fragilise la souveraineté stratégique de l’OHADA.  »La session spéciale de ce jour doit être celle du courage, de la lucidité et de l’innovation. Elle doit marquer un tournant décisif vers la construction d’une véritable souveraineté économique et financière », a-t-il insisté. Il écarte toute hausse des charges des États et propose d’explorer des pistes alternatives : contributions volontaires des acteurs économiques bénéficiaires de l’harmonisation, redevances sur certains actes uniformisés comme les actes notariés, et financements innovants liés au numérique et à la transition écologique.

En prélude à la rencontre des ministres, il s’est tenu du 4 au 6 mai, le Comité des experts, appuyé par les directeurs de la comptabilité publique des États membres. Les travaux de cette réunion préparatoire a permis d’étudier les résultats d’une étude sur le sujet pour formuler des recommandations aux ministres.

Basée à Yaoundé, l’OHADA s’appuie sur cinq organes, dont la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, le Conseil des ministres et la Cour commune de justice et d’arbitrage.

Le Souverainiste

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