4e édition de la C-AIPEJV : la protection des enfants à l’ère du numérique et de l’IA au cœur des réflexions à Lomé
Acteurs religieux, société civile, éducateurs, autorités traditionnelles, enseignants et spécialistes du numérique se sont retrouvés aux côtés de WINDS IMPACT, le samedi 26 septembre 2026 à l’UniPod de l’Université de Lomé, pour mener des réflexions sur la protection et l’encadrement des enfants à l’ère du numérique. C’était à l’occasion de la 4e édition de la Conférence-Atelier interreligieux sur la protection des enfants et jeunes en milieu virtuel (C-AIPEJV).
Placée cette année sous le thème : « L’éducation des enfants et des jeunes à l’ère du virtuel et de l’Intelligence Artificielle : Enjeux, risques et opportunités pour l’Afrique », cette rencontre annuelle est portée par WINDS IMPACT TOGO, une organisation internationale chrétienne qui œuvre pour l’accélération de la Mission de Dieu par les capacités du numérique.
Plateforme nationale de réflexion, de formation, de dialogue et de mobilisation réunissant plusieurs acteurs de la société togolaise, la C-AIPEJV a pour objectif de renforcer la protection, l’éducation et le développement des enfants et des jeunes face aux mutations du monde numérique.
Prononçant son mot de bienvenue, le Pasteur Pierre ADOUBI, représentant adjoint de WINDS IMPACT INTERNATIONAL TOGO, a souligné que la « protection et l’éducation des enfants concernent la famille, l’école, l’Église, les institutions et toute la société ».
« Aujourd’hui, cette responsabilité s’étend également au monde numérique, qui influence la manière dont nos jeunes apprennent, communiquent et se comportent », a-t-il ajouté, appelant chaque acteur à jouer pleinement son rôle.
Ouvrant les travaux de cet atelier, Madame Vignon Wilson Tchotcho, Cheffe de division de la communication et de la vulgarisation de la documentation sur l’enfant, représentant le Ministère des Solidarités, a souligné que le thème retenu pour cette conférence-atelier est au cœur des défis auxquels sont confrontées nos familles et nos systèmes éducatifs.
Elle a en outre appelé les jeunes à faire des technologies des outils de connaissance, d’innovation et de transformation sociale.
« La digitalisation progressive des établissements scolaires, le développement de ressources éducatives numériques et le renforcement de la formation des enseignants témoignent de cette volonté de préparer notre système éducatif aux réalités du 21e siècle », a-t-elle soutenu.
Les travaux de cette rencontre, répartis en deux groupes – l’un pour les adultes, notamment les membres de la société civile, les acteurs religieux, les enseignants et autres décideurs, et le second réservé aux enfants et jeunes réunis autour de masterclass – ont permis d’outiller les participants sur les enjeux, défis et perspectives pour l’Afrique à l’ère du numérique.
Au sortir du panel intitulé : « Éduquer au discernement à l’ère de l’intelligence artificielle : familles, écoles et acteurs communautaires face aux nouveaux défis », M. AFANSI Mawouto, Directeur de l’Association pour la promotion et la protection de l’enfant et de la jeune fille du Togo (A2PEJF-TOGO), l’un des panélistes, a souligné que les enfants et jeunes vivent dans un monde interconnecté où ils reçoivent, en dehors de l’éducation familiale, scolaire et sociétale, d’autres formes d’éducation provenant de diverses plateformes numériques. Selon lui, ces formes d’éducation, dont certaines sont issues de l’intelligence artificielle, ne sont pas totalement fiables.
« Il faudrait qu’ils ne se fient pas trop à l’intelligence artificielle qui ne véhicule pas que de bons messages », a-t-il conseillé.
Il a par ailleurs soutenu l’importance de la transmission des valeurs humaines et chrétiennes à travers les relations humaines qui permettent de corriger les erreurs et d’orienter. M. AFANSI insiste sur la nécessité pour les apprenants de faire fonctionner leur propre intellect. « L’intellect, si on ne le met pas en mouvement, il ne pourra pas vivre », indique-t-il. Sans s’opposer à l’utilité de l’intelligence artificielle, il recommande un usage responsable fondé sur la véracité des contenus générés par l’IA.
« Nous avons appris sur la citoyenneté numérique et comment parvenir à l’inculquer à nos frères et jeunes frères. L’IA ou la technologie avance à une vitesse très fulgurante et cela soulève des questions sur les données à caractère personnel. Généralement, ces technologies que nous utilisons sont gratuites. Et comme c’est ainsi, elles ont besoin de données pour pouvoir fonctionner. Cette rencontre nous permet donc d’apprendre à nous protéger et à limiter la fuite de nos données afin d’être plus en sécurité », a retenu le jeune participant Gaglozou Koffi Daniel.
À l’ère où les technologies occupent une place de plus en plus prépondérante dans nos sociétés, cette conférence-atelier annuelle se veut un véritable rendez-vous où professionnels du numérique, éducateurs, membres de la société civile, parents, jeunes et enfants – principale cible – puissent réfléchir à une utilisation responsable des outils numériques sans altérer les valeurs sociales et morales.
La rédaction
